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Table des matières

  • Contexte
  • Une nouvelle courbe pour laisser le marché trouver son équilibre
  • Mise en application
  • Panorama des retours sur l’EIP-8363
    • Les retours critiques
    • La défense des auteurs et éléments à considérer
  • Notre lecture de la situation
  • Conclusion

EIP-8363 : le sujet le plus controversé au sein d'Ethereum et notre analyse

Publié le7 août 2026

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EIP-8363 : le sujet le plus controversé au sein d'Ethereum et notre analyse
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Des chercheurs sur Ethereum ont déposé une proposition qui vient de relancer le débat sur la tokenomics d’ETH et plus précisément sur l’inflation liée au staking sur le réseau. Dans cet article, nous vous proposons de tout comprendre sur l’EIP-8363, les arguments autour de cette proposition, les points exposés par de nombreuses figures majeures de l’écosystème, ainsi que notre avis sur ces changements potentiels.


Contexte

Cela fait de nombreuses années que la politique monétaire d’Ethereum, et plus précisément celle relative au staking, fait l’objet de débats. Pour la première fois, ces derniers ont pu être cristallisés concrètement à travers un EIP nommé “Tapered Issuance Burn”, sous le code EIP-8363.

Assez complexe dans son aspect technique, cet EIP vise en pratique à faire en sorte que l’émission d’ETH, qui est corrélée au montant d’ETH stakés, soit mécaniquement limitée en définissant un seuil au-delà duquel staker de l’ETH ne rapportera plus rien.

En l’état actuel des choses, plus il y a d'ETH stakés, plus le protocole émet de nouveaux Ethers, mais moins chaque validateur en reçoit individuellement. Plus précisément, la règle exacte est que le rendement décroît comme l'inverse de la racine carrée du ratio de staking. Autrement dit, si la quantité d'ETH stakée double, le rendement de chacun ne se divise pas par deux : il ne baisse que d'environ 30 %. C'est une décroissance très lente, et c'est de là que naît le problème identifié par les auteurs de l’EIP, c’est-à-dire Jérôme de Tychey, pintail, Justin Drake, dapplion, pa7x1 et Ladislaus von Daniels.

Selon eux, à cause de cette lenteur, le rendement réel ne descend jamais vraiment assez. Pour vous donner une idée, si l’intégralité de l’offre d’ETH actuelle était stakée, le rendement serait de 1,5 %. Autrement dit, le phénomène d’incentives ne connaît actuellement pas de limite chiffrable, le staking est théoriquement toujours viable pour générer des rendements.

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Dans les faits, le staking natif sur Ethereum fait face à une situation assez complexe : la file d’attente des validateurs est littéralement saturée depuis le mois de février, signe que la demande pour le staking est finalement plus forte que ce qui peut être considéré comme “sain” pour le réseau.

Face à ce constat, on serait tenté de se dire qu’après tout, c’est une bonne chose dans la mesure où plus le montant d’ETH staké est élevé, plus le réseau est théoriquement sécurisé. Pourtant, au-delà du montant, c’est la façon dont sont répartis les ETH stakés qui poserait problème.

En l’état, une grande partie des détenteurs d’ETH stakent indirectement leurs actifs via des intermédiaires (ETF, exchanges, LST, institutions comme Bitmine), ce qui, selon les chercheurs, poserait problème quant à la capacité de la communauté à se coordonner dans le cas d’un fork d’urgence.

En parallèle, un second problème est que l'émission d’ETH destinée aux validateurs est financée par l'ensemble des détenteurs d'ETH. Concrètement, elle agit comme une forme de dilution permanente sur la supply nette (émission moins burn) pour tous ceux qui ne participent pas au staking. Chaque investisseur se retrouve alors face à un choix assez artificiel : accepter d'être progressivement dilué, ou staker ses ETH pour compenser cette dilution, et ce indépendamment de son appétence personnelle pour le staking.

Dans le même temps, à mesure que le taux de staking progresse, les tokens de liquid staking occupent une place de plus en plus importante dans la finance on-chain. Ainsi, progressivement, l'ETH natif devient un peu moins le collatéral de référence, et de plus en plus une créance sur de l'ETH staké, avec tout ce que cela implique en matière de risque de smart contract, de gouvernance ou de contrepartie.

Enfin, et c’est une critique assez ancienne que l’on peut faire à Ethereum, celle de l’inégalité que l’émission d’ETH introduit entre les détenteurs. Le raisonnement est le suivant : tous les stakers touchent le même rendement en pourcentage, mais tous les détenteurs d'ETH ne choisissent pas de staker, et cette décision dépend largement de la taille de la position.

Effectivement, pour un gros détenteur, le coût marginal du staking est aujourd'hui quasiment nul, ce qui rend l'opération presque systématique. Au contraire, les solo stakers, qui ont généralement des positions moins conséquentes, sont contraints par différentes données opérationnelles telles que les coûts fixes qu’ils doivent supporter. L'émission d’ETH, qui vise donc à récompenser les stakers, se concentre mécaniquement sur les plus gros détenteurs et, sur plusieurs années, contribue à transférer progressivement une part toujours plus importante de l'offre vers le haut de la distribution.

Sur ce point précis, il faut reconnaître que l'EIP-8363 apporte une réponse directe. Néanmoins, en comprimant le rendement, la proposition risque de faire sortir en premier les acteurs dont le seuil de rentabilité est le plus élevé, c'est-à-dire précisément les petits validateurs que l'EIP cherche à protéger.

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Une nouvelle courbe pour laisser le marché trouver son équilibre

La proposition repose sur une idée finalement assez simple : faire disparaître progressivement l'incitation économique à staker lorsque le niveau de sécurité de la blockchain est déjà jugé suffisant. Rappelons-le, si le staking natif d’ETH propose du rendement, c’est avant tout car les ETH déposés constituent la couche de sécurité d’Ethereum. En cela, plus d’ETH staké signifie mécaniquement plus de confiance accordée au réseau.

Nous l’avons vu, aujourd'hui, la courbe d'émission ne coupe jamais réellement le yield du staking. Le rendement diminue à mesure que davantage d'ETH sont immobilisés, mais il reste toujours positif. Tant que la prime de risque demandée par les investisseurs est inférieure à ce rendement, le staking continue donc de progresser. Aujourd’hui, le taux d’ETH déposés atteint un record absolu, avec 34 % en staking.

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Face à ce constat, les auteurs de l’EIP-8363 proposent une logique différente. La courbe qu’ils proposent est construite de façon à ce que le rendement net converge progressivement vers zéro lorsque le taux de staking augmente. Selon eux, et ce point est important à comprendre, l'objectif n'est pas que les validateurs finissent réellement rémunérés à 0 %, mais que le protocole cesse de maintenir artificiellement un plancher de rendement et laisse le marché déterminer lui-même son point d'équilibre.

Autrement dit, si les investisseurs considèrent qu'un rendement de 1 % suffit à rémunérer le risque du staking, le réseau se stabilisera naturellement autour du niveau où cette condition est remplie. À l'inverse, si le marché exige une prime plus élevée, une partie des validateurs quittera le réseau jusqu'à ce que le rendement remonte. Dans les deux cas, ce n'est plus Ethereum qui décide implicitement du taux de staking via son émission, mais un mécanisme fixé sur l’offre et la demande.

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Concernant l’aspect monétaire, l’EIP-8363 rassemble 3 éléments importants autour d’un nouveau mécanisme de burn :

  • Burn une partie des récompenses de staking plutôt que réduire l’émission

À première vue, les deux approches semblent assez similaires. Pourtant, diminuer les récompenses à la source obligerait aussi à réduire les pénalités infligées aux validateurs, puisque les deux reposent sur la même unité de compte. Or, des pénalités plus faibles réduiraient mécaniquement le coût des comportements problématiques, notamment face au fameux problème de la MEV, et c’est pourquoi le burn permet justement d'éviter cet effet secondaire.

En pratique, les validateurs continuent de recevoir exactement les mêmes récompenses brutes et restent soumis aux mêmes pénalités qu'aujourd'hui. Une partie de ces récompenses est simplement détruite après leur attribution, ce qui réduit l'émission nette sans modifier les incitations qui assurent la sécurité du protocole.

  • Un burn calqué sur une base fixe

L’EIP-8363 ne prévoit pas qu’une fraction des récompenses effectivement gagnées par un validateur soit prélevée, ils calculent plutôt le prélèvement à partir d'une récompense théorique correspondant à une performance parfaite.

Cette distinction est importante, car si le burn dépendait directement des récompenses réellement perçues, chaque effort supplémentaire ne rapporterait plus qu'une partie de son gain potentiel. Ici, le montant brûlé reste identique qu'un validateur travaille parfaitement ou non, ce qui conserve intacte l'incitation économique à bien remplir son rôle.

  • Effet sur l’inflation

Envoyer les ETH prélevés vers une trésorerie dédiée ou les reverser aux autres validateurs reviendrait à maintenir exactement le même niveau d'émission globale que ce que nous connaissons actuellement, tout en créant un nouveau bénéficiaire permanent pour lequel la répartition deviendrait rapidement un sujet politique. Le burn évite ce problème, tout en restant cohérent avec l'EIP-1559.

Dans les faits, avec cette nouvelle courbe, l'émission annuelle atteindrait son maximum lorsque le staking représenterait environ 20 % de l'offre totale, avant de décroître progressivement. À son point culminant, elle représenterait environ 0,5 % de l'offre par an. Notons d'ailleurs que ce pic est déjà derrière nous, puisqu’avec environ 34 % de l'offre stakée aujourd'hui, le réseau se situe déjà sur la branche décroissante de la courbe proposée.

À titre de comparaison, les revenus des validateurs proviennent aujourd'hui presque exclusivement de cette émission. Les récompenses représentent environ 2,58 % de rendement annuel (sur la base de staking actuelle), contre seulement 0,19 % pour les revenus issus de la couche d'exécution, c'est-à-dire les priority fees et la MEV. Autrement dit, plus de 90 % du revenu actuel d'un validateur provient encore directement de l'émission monétaire d'Ethereum.

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Mise en application

Dès l’éventuelle mise en application de cet EIP, le yield natif du staking d’ETH passerait d’environ 2,58 à 1,11 % si l’on considère le montant d’ETH actuellement verrouillé. C’est pourquoi le changement se ferait de manière progressive pour éviter que le montant d’ETH stakés ne s’effondre.

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Concrètement, au moment du fork, le paramètre BASE_REWARD_FACTOR, qui détermine l'ensemble des récompenses du consensus, serait temporairement doublé, passant de 64 à 128. Comme ce paramètre influence à la fois les récompenses versées et la part ensuite brûlée, les proportions restent inchangées et le rendement net perçu par les validateurs demeure, dans un premier temps, proche du niveau actuel.

À partir de là, le BASE_REWARD_FACTOR redescend progressivement vers 64 sur une période de 18 mois à travers de petits ajustements successifs effectués environ tous les 8 jours. En tenant compte des 6 mois qui séparent généralement l'adoption d'un fork de son activation sur Ethereum, cela laisse près de deux ans au marché pour absorber les changements liés à l’EIP-8363.

Toutefois, cette transition ne modifie que le niveau des récompenses, pas leur logique. Effectivement, dès le premier epoch suivant le fork, l'émission nette deviendra nulle au-delà de 50 % de staking. Plus simplement, la nouvelle courbe s'applique immédiatement, tandis que le rendement est simplement amorti dans le temps.

C'est précisément ce mécanisme de transition qui est rapidement devenu l'un des principaux points de contestation, non pas parce qu'il adoucit la baisse du rendement, mais parce qu'il introduit un effet secondaire que les auteurs n'abordent pratiquement pas dans leur proposition, et nous allons voir cela ci-dessous.


Panorama des retours sur l’EIP-8363

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la majorité des retours autour de cet EIP ont été négatifs, que ce soit sur le forum ou sur X. Nous vous proposons un tour d’horizon des principaux arguments qui ont été avancés.

Les retours critiques

  • Stani Kulechov (fondateur et CEO d’Aave Labs)

Stani Kulechov a réagi de manière assez notable à cet EIP, et cela s’explique assez facilement puisque ce dernier vient directement affecter l’activité économique d’Aave, notamment à cause de l’impact potentiel sur les LST.

Son premier point, c’est que la proposition affecterait directement les solo stakers à mesure que le rendement net se réduit. Contrairement aux ETF, aux trésoreries d'entreprise ou encore aux exchanges, dont le staking répond structurellement à d'autres logiques que la seule recherche de rendement, les solo stakers supportent des coûts fixes de matériel et d'électricité, c’est pourquoi le rendement net est une donnée essentielle pour eux.

Dans le modèle proposé, il affirme que les stakers individuels n’auraient finalement aucun intérêt à participer à la sécurisation du réseau puisque l’incitation économique serait trop faible, voire inexistante dans le pire des cas. Par conséquent, selon lui, le champ des stakers serait occupé par ceux qui n’ont qu’un intérêt opérationnel à le faire, c’est-à-dire précisément les entités que l’EIP-8363 cherche à écarter. En d'autres termes, le régime de rendement quasi nul proposé risquerait d'accélérer précisément la concentration que la proposition cherche initialement à limiter.

Dans un second temps, il met également en avant le fait que, pendant la période de transition que nous avons évoquée précédemment, le doublement temporaire du BASE_REWARD_FACTOR double les récompenses créditées aux validateurs avant d'en brûler la moitié. Le rendement net reste donc quasiment inchangé, comme prévu, mais la base imposable est, elle, doublée dans les juridictions qui taxent les récompenses au moment de leur réception, ce qui pose un véritable problème. Les solo stakers concernés paieraient un impôt sur leur revenu théorique brut, et non pas sur la valeur finale.

Il explique ensuite que si la prime de risque du staking tend réellement vers zéro comme le suppose l'EIP, l'équilibre naturel se situe au point où le rendement net devient nul, c'est-à-dire lorsque la quasi-totalité de la supply éligible est stakée. Dans ce modèle, le mécanisme n'empêche alors rien, il aboutit simplement à un ratio de staking élevé sans plus aucune rémunération pour récompenser les validateurs honnêtes, et donc sans réel budget de sécurité.

Et si à l'inverse cette prime de risque reste significative, la croissance du ratio se stabiliserait de toute façon d'elle-même, ce qui rend l'intervention inutile. Ainsi, dans les deux cas de figure, le mécanisme ne peut selon lui pas produire l'effet recherché.

En parallèle, Stani Kulechov affirme que cela aurait une conséquence lourde pour les ETF Ethereum proposant du staking, tels que l’ETHB de BlackRock. En diminuant le yield issu du staking natif, on diminue les rendements pour les investisseurs de ces ETF, et on réduit mécaniquement le degré d’exposition de ces derniers, qui iront chercher plus intéressant ailleurs.

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D'autre part, un autre point de friction concerne la MEV. Comme le burn ne s'applique qu'à l'émission, réduire cette dernière augmente mécaniquement le poids de la MEV dans les revenus des validateurs. Or, c'est précisément la composante que les solo stakers captent le moins bien, faute d'orderflow et de relations avec les builders. Ainsi, avec une émission moins importante, choisir un relais non censurant devient progressivement un coût économique plutôt qu'un simple choix de principe, ce qui va finalement à l'encontre de l'objectif de neutralité défendu par les auteurs de l'EIP.

Enfin, il estime que les conséquences iraient bien au-delà de la seule verticale du staking. Rappelons que ce rendement natif sur l’ETH constitue aujourd'hui le taux de base de l'écosystème Ethereum, à partir duquel se pricent la plupart des stratégies DeFi. En cela, le réduire de moitié reviendrait à fragiliser l'ensemble de ces mécanismes, en poussant progressivement les investisseurs vers les stablecoins et en faisant finalement de l'ETH un simple actif de financement plutôt qu’un actif détenu pour ce qu’il est et pour sa valeur intrinsèque, dont le staking yield fait intégralement partie.

Nous avons jugé pertinent de vous partager une citation tirée de la réponse de Stani Kulechov sur le forum Ethereum Magicians, qui se suffit à elle-même pour expliquer en quoi l’ETH pourrait même perdre sur son propre terrain face au BTC :

Et si l'ETH n'est qu'un bêta, ce n'est pas forcément le meilleur bêta.[…] Le pari de l'ETH face au BTC pour un allocataire n'a jamais été qu'il soit une meilleure réserve de valeur ; c'était qu'il s'agisse d'un actif productif générant un cash-flow que le BTC ne peut structurellement pas offrir. Enlevez le rendement, et l'ETH se retrouve à jouer sur le terrain du BTC, où il doit l'emporter sur la profondeur de liquidité, la distribution via les ETF, l'acceptation institutionnelle et la simplicité du narratif. Il ne gagne sur aucun de ces points. Ce qu'il offre en revanche, c'est plus de volatilité, plus de risque protocolaire et plus de risque de gouvernance, et le rendement était justement la compensation pour cela. Retirez cette compensation et vous obtenez un actif qui évolue dans la même direction que le BTC, avec plus de risque baissier, et aucun revenu pour tenir le coup en attendant. Quiconque veut du bêta crypto se tourne vers le BTC, et quiconque veut du rendement se tourne vers les stablecoins. L'ETH se retrouve pris en étau des deux côtés à la fois. - Stani Kulechov, Ethereum Magicians

  • Mike Silagadze (CEO d’ether.fi)

Tout comme Stani Kulechov, le CEO d’ether.fi maintient que cet EIP évincerait forcément les solo stakers et que seules les entités centralisées avec un coût du capital nul continueraient de staker.

Ensuite, il explique que l’impact sur la finance on-chain serait chaotique et que la plupart des protocoles blue chip seraient confrontés à d’importantes sorties de capitaux, tout simplement car cet EIP viendrait totalement redessiner le rôle et l’intérêt économique de l’ETH dans cet écosystème, notamment avec les LST.

Le troisième axe de son développement porte sur le prix de l'ETH en tant que tel et le risque de sortie induit. Effectivement, il questionne l'idée qu'une réduction de 0,8 % de l'émission puisse soutenir le prix de l'Ether, en rappelant que ceux qui stakent leur ETH ne le vendent pas. Selon lui, la mesure stopperait au contraire tout nouveau staking et pourrait provoquer l’unstaking de dizaines de milliards de dollars d'ETH, lesquels reviendraient alors sur le marché avec les conséquences que cela aurait.

Son quatrième point vise à répondre à l'argument selon lequel les liquid staking tokens menaceraient le rôle monétaire de l'ETH dans la mesure où ils représentent environ un quart du total staké. Selon lui, ce raisonnement de “vision comptable” qui ne considérerait comme vraie monnaie que les espèces et dépôts immédiatement disponibles (le M1 en économie) en ignorant tout ce qui remplit une fonction monétaire sans être aussi liquide, est dépassé.

Ainsi, pour lui, les LST comme le stETH ou l'eETH jouent précisément ce rôle. Étant adossés à de l'ETH staké, échangeables et utilisables comme collatéral en DeFi, ils apportent des protections aux utilisateurs qu'il ne serait pas pertinent d'implémenter au niveau du protocole, pour un coût quasi nul d’environ 10 à 15 bps.

Pour finir, sa dernière critique porte plutôt sur l’ethos de l’EIP-8363, et c’est objectivement un retour qui est beaucoup revenu à propos des auteurs, certains les accusant de proposer des changements “depuis leur tour d’ivoire”, déconnectés de la réalité et des efforts réalisés par les builders. Plus concrètement, il juge cette manière de procéder mauvaise pour la décentralisation, mauvaise pour l'adoption d'Ethereum et mauvaise pour la crédibilité du réseau.

  • Greg Koumoutsos (core contributor)

Un point important, c’est que comme le souligne Greg Koumoutsos, l’EIP-8363 a été déposé 48 heures avant la date limite de dépôt des EIP candidates (PFI) pour être incluses dans le hard fork Hegotá.

Pour une réforme qui touche directement à la politique monétaire du protocole, ce délai laisse très peu de temps aux chercheurs et aux développeurs pour conduire une revue adéquate, d'autant que la Strawmap laissait jusqu'ici entendre que ce sujet serait traité dans le prochain hard fork I*.

À cet argument, Jerome de Tychey a répondu que le statut PFI ne signifie pas inclusion, et qu'une proposition déposée ouvre simplement la discussion au lieu de la refermer. Il a aussi rappelé qu'une proposition similaire avait été discutée en 2024, que le débat tourne depuis 2023, et que plusieurs mois de délibération séparent encore le dépôt d'une décision de périmètre.

Sur le fond, il ajoute qu’attendre I* revient tout simplement à abandonner cette proposition, en l’état ou qu’elle soit modifiée. Si l’on regarde la validator queue, il se pourrait selon lui que 70 millions d’ETH (contre 41,5 aujourd’hui) soient placés en staking d’ici le 1er janvier 2028 si rien n’est fait pour changer la tendance.

La défense des auteurs et éléments à considérer

  • Contre-réponses de Jérôme de Tychey (co-auteur de l’EIP)

Face aux nombreuses critiques suscitées par la proposition, Jérôme de Tychey a publié plusieurs réponses détaillées afin de reprendre, une par une, les principales objections formulées contre l'EIP-8363.

Sa première réponse vise directement l'idée selon laquelle le rendement finirait mécaniquement par tendre vers zéro. Pour lui, cette lecture est erronée puisque le rendement nul n'est atteint qu'au point de saturation de 50 %, c’est-à-dire un seuil qui constitue un mécanisme d'arrêt et non un niveau d'équilibre. Dans son modèle, le marché se stabilise bien avant, lorsque le rendement rejoint simplement la prime de risque exigée par le staker marginal.

En prenant comme référence les taux actuels des marchés de prêt en ETH, il estime cet équilibre autour de 1,5 %, un chiffre à ne pas confondre avec le plancher théorique évoqué plus haut : il ne s'agit pas ici du rendement obtenu si tout l'ETH était staké, mais du niveau auquel le marché cesserait naturellement d'ajouter du stake.

Ensuite, il conteste également l'idée selon laquelle les solo stakers seraient les premiers à quitter le réseau. Son raisonnement repose sur le concept de wedge, c'est-à-dire le rendement minimal dont chaque acteur a besoin pour continuer à staker. Un staker délégué doit rémunérer l'opérateur, supporter des frais supplémentaires et accepter des risques de contrepartie, de gouvernance ou de smart contracts.

Le solo staker, lui, ne dépend d'aucun intermédiaire, en cela son seuil de rentabilité est donc plus faible. Il s'appuie également sur les travaux d'Anders Elowsson, qui suggèrent que les stakers délégués pourraient être évincés avant les solo stakers à mesure que les rendements diminuent.

Note : Selon le EthStaker 2026 Staking Survey, parmi les répondants ayant accepté de nommer un seuil de rendement en dessous duquel ils cesseraient de staker, la médiane se situe autour de 2 %, et ce de manière stable sur les trois dernières éditions. À noter que seuls 72 répondants sur 528 se sont exprimés sur cette question, et qu'EthStaker invite lui-même à traiter ce chiffre avec prudence (voir partie 4).

Sur le choix technique du burn plutôt qu'une simple réduction de l'émission, Jérôme de Tychey apporte une justification supplémentaire : réduire directement les récompenses reviendrait également à diminuer les pénalités. À terme, récompenses et sanctions pourraient disparaître simultanément, supprimant les incitations économiques à valider correctement les blocs. Le burn permet au contraire de dissocier les deux mécanismes dans la mesure où les récompenses sont toujours distribuées normalement, tandis que seule leur valeur économique est réduite après coup.

Il répond aussi au risque fiscal soulevé par Stani Kulechov que nous avons évoqué. Selon lui, le validateur ne reçoit jamais réellement le montant brut des récompenses puisque la déduction intervient dans la même transition d'état, avant que les fonds ne deviennent retirables. Il compare ce fonctionnement au système actuel de compensation des pénalités, qui n'est généralement pas traité comme un revenu suivi d'une dépense distincte. Néanmoins, il reconnaît que si certaines juridictions décidaient malgré tout d'imposer ce montant brut théorique, cela constituerait effectivement un coût supplémentaire qu'il conviendrait de prendre en compte.

Enfin, concernant les conséquences pour la DeFi, Jérôme de Tychey assume une position plus personnelle. À ses yeux, le rendement actuel du staking est devenu trop élevé pour le niveau de risque réellement supporté, au point d'étouffer de nombreuses stratégies reposant sur de l'ETH non staké. Il se montre également réservé face à l'idée de calibrer l'émission afin de préserver les stratégies de looping sur les LST. Selon lui, les rendements de 5 à 8 % affichés par certaines de ces stratégies reflètent surtout une perception selon laquelle les principaux protocoles seraient devenus "too big to fail".

  • pintail (auteur principal de l'EIP)

Là où plusieurs critiques affirment que la proposition pénaliserait les validateurs indépendants, pintail, qui est lui-même concerné, soutient exactement l'inverse : selon lui, c'est la courbe actuelle d'émission qui finira par les rendre économiquement non viables.

Résidant au Royaume-Uni, il explique être imposé à 40 % sur ses revenus de staking. Avec un ratio de staking de 60 %, il percevrait environ 1,9 % de rendement nominal, alors que la dilution atteindrait déjà 1,2 %. Une fois l'impôt appliqué sur ce rendement nominal, il ne lui resterait plus qu'environ 1,2 %, soit exactement le montant perdu via la dilution. Au-delà de ce seuil, son rendement réel deviendrait négatif avant même de tenir compte du matériel, de l'électricité ou de la maintenance de son infrastructure.

Ainsi, selon lui, le problème ne réside donc pas dans la baisse des récompenses, mais dans la poursuite indéfinie de l'inflation lorsque le staking devient massif.

Il rappelle également que les risques liés à un taux de staking élevé apparaissent bien avant d'approcher le seuil maximum. Son premier point porte sur le poids grandissant des grands fournisseurs de solutions de staking, qui pourraient un jour influencer l'évolution du protocole au bénéfice de leurs propres utilisateurs. Le second concerne le social slashing ; plus une part importante de l'ETH est immobilisée chez quelques acteurs, plus il devient difficile, politiquement comme économiquement, de sanctionner un opérateur défaillant, ce qui réduit la crédibilité même de cette menace.

Cette analyse l'amène à retourner complètement l'argument de ses opposants. Selon lui, chaque ETH supplémentaire placé en staking n'améliore plus la sécurité du réseau une fois un certain seuil dépassé et, au contraire, il augmente progressivement les risques de centralisation tout en diluant davantage les détenteurs d'ETH non stakés. Autrement dit, le staking supplémentaire finirait par rendre Ethereum moins sûr, et non plus davantage.

Enfin, pintail défend le choix d'intégrer cette réforme dès Hegotá plutôt que d'attendre un fork ultérieur. À ses yeux, chaque mois supplémentaire voit le ratio de staking progresser, ce qui rendra toute correction future plus coûteuse et plus difficile à absorber. Il reconnaît toutefois que dépasser effectivement les 50 % avant le prochain grand fork reste, selon lui, un scénario possible mais pas le plus probable.

  • Zach Pandl (responsable de la recherche chez Grayscale)

Note : Bien que ce ne soit pas une prise de position directe face à cet EIP en particulier, le papier de Zach Pandl publié en mai dernier à propos du modèle de staking d’Ethereum fait écho à la proposition et certains points méritent, selon nous, d’être soulevés ici.

Dans un article publié le 12 mai dernier, soit près de 3 mois avant le dépôt de l'EIP-8363, Zach Pandl défendait déjà l'idée que le modèle de récompenses du staking d'Ethereum devait être révisé.

Son constat de départ est exactement le même que celui des auteurs, c’est-à-dire qu’avec le déplacement de l'activité vers les Layer 2, le burn d'ETH s'est progressivement contracté. Les frais générés sur la couche principale ont fortement diminué, réduisant d'autant la quantité d'ETH détruite. Depuis Dencun, l'offre nette est ainsi redevenue inflationniste, une tendance d’ailleurs appelée à durer dans la mesure où Ethereum a volontairement choisi de privilégier le scaling.

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Ensuite, il souligne que la friction liée au staking a elle aussi largement disparu. Rappelons qu’à l'origine, l'ETH staké ne pouvait pas être retiré, ce qui le rendait illiquide et justifiait une véritable prime de risque. Depuis l'activation des retraits, puis avec l'arrivée des ETP et des trésoreries d'entreprise qui stakent à leur tour, le coût marginal du staking est devenu quasiment nul. Tant que le réseau continuera donc d'offrir la moindre récompense, une part toujours plus importante de l'ETH peut théoriquement finir stakée.

Selon lui, cette situation finit par devenir contre-productive dans la mesure où elle dilue inutilement l'ensemble des détenteurs d'ETH sans réellement renforcer la sécurité du réseau. D'autre part, un taux de staking excessivement élevé accroît mécaniquement le risque de concentration entre les mains d'un nombre limité d'acteurs institutionnels.

Son analyse apporte également une réponse implicite aux critiques formulées par Stani Kulechov ou Mike Silagadze. Là où ces derniers considèrent le rendement du staking comme un élément central de la proposition de valeur d'Ethereum, il avance que l'ETH doit avant tout être vu comme une commodité numérique disposant d'une utilité économique propre, et non comme un actif financier comparable à une action ou à une obligation dont la valeur reposerait sur ses flux de trésorerie.

Il compare d'ailleurs les récompenses de staking, financées par pure émission monétaire, à une entreprise qui rémunérerait ses actionnaires en imprimant sans cesse de nouvelles actions. Dans ce modèle, le rendement affiché masque en partie la dilution qu'il crée lui-même. Réduire l'émission renforcerait donc la rareté de l'ETH, un peu comme une baisse de production soutient le prix d'une matière première.

Enfin, il répond également à l'argument selon lequel une baisse du rendement provoquerait une fuite massive des capitaux. Selon lui, cet effet est largement surestimé dans la mesure où, sur un actif dont la volatilité annuelle avoisine 60 %, un rendement de staking de 3 % ne représente finalement qu'environ une journée de variation de prix.

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Notre lecture de la situation

Selon nous, la question à se poser est la suivante : l’émission d’ETH en tant que telle est-elle vraiment le problème d’Ethereum aujourd’hui ? Selon nous, non : on se rappelle qu’à l’époque où la blockchain fonctionnait encore en Proof-of-Work, la forte inflation de l’époque n’a jamais empêché l’actif de performer et de proposer un fort attrait pour les investisseurs.

De là à dire que la mécanique d’émission d’ETH est parfaite, il y a néanmoins de la marge. Nous le disions, ce sujet occupe le débat chez les chercheurs Ethereum depuis des années, et une courbe d’émission sans véritable point d’équilibre mérite peut-être que l’on s’y attarde. Là où nous divergeons, c'est sur le remède proposé, sur son calendrier, et surtout sur la hiérarchie des priorités qu'il traduit.

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Avec une inflation annuelle qui évolue désormais autour de 0,9 %, Ethereum se situe déjà parmi les actifs les moins inflationnistes du marché (d’ailleurs, cela est comparable au taux d’inflation annuel du Bitcoin, qui est d’environ 0,8 %). Ce qui soutient aujourd'hui la valeur de l'ETH, c'est avant tout la demande, qu'elle provienne de son utilisation, de son rôle de réserve de valeur (un narratif d’ailleurs mis à mal depuis un moment maintenant) ou du rendement offert par le staking. Aussi, optimiser un paramètre devenu relativement marginal, au risque d'affaiblir l'un des principaux moteurs de cette demande, nous paraît être un arbitrage discutable.

En parallèle, cet EIP vient modifier la prévisibilité de la politique monétaire d’Ethereum, et c’est un point qui compte pour l’adoption institutionnelle. Depuis The Merge, la règle qui relie le ratio au rendement n'a pas bougé, ce qui permet à n'importe quel acteur de modéliser un scénario à partir de ses propres hypothèses.

Ici, le rendement devient bien plus imprévisible, et c’est un point qu’a d’ailleurs souligné Stani Kulechov à juste titre sur le forum. Aujourd'hui, se tromper de 10 % sur le ratio de staking futur ne coûte que 5 % d'erreur sur l'estimation de rendement, parce que la courbe actuelle est très plate. Sous la courbe proposée, la même erreur se traduirait par 21 % d'erreur immédiatement, et jusqu'à 42 % à 48 millions d'ETH stakés. Or, le ratio est justement la variable que personne ne parvient à anticiper, comme le montre sa progression d'environ 25 % à 32 % en 18 mois.

Sur le point des solo stakers, il nous semble assez évident que la proposition ne va pas dans leur sens. Un solo staker supporte des coûts fixes, qu'il s'agisse du matériel, des coûts serveur ou simplement du temps consacré à maintenir son infrastructure, sans parler du risque de slashing. Si le rendement devient proche de zéro, il ne reste plus qu'un coût et un risque, sans véritable rémunération adéquate.

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Cette approche nous semble également entrer en tension avec une autre orientation défendue depuis plusieurs années par Vitalik Buterin, celle de rendre le staking accessible au plus grand nombre. Les travaux visant à réduire progressivement le seuil d'entrée ou à faciliter le solo staking ont précisément pour conséquence d'augmenter le taux de participation au réseau. Aussi, chercher ensuite à décourager cette hausse en comprimant artificiellement le rendement donne le sentiment que l'on traite les conséquences d'une stratégie que le protocole encourage pourtant lui-même.

Nous restons également prudents face à l'argument de la coordination avancée vis-à-vis des hard forks. Effectivement, les auteurs de l’EIP estiment qu'un taux de staking trop élevé compliquerait la capacité de la communauté à réagir rapidement en cas d’urgence. Pourtant, réduire ce ratio ne change pas nécessairement la nature des acteurs qui contrôlent la majorité des validateurs.

Que 50 % ou 100 % de l'offre soit stakée, les principaux détenteurs resteront vraisemblablement les mêmes : Lido et consorts, les grandes DAT, les exchanges ou encore les émetteurs d'ETF. Finalement, sur ce point, le problème tient donc davantage à la concentration des acteurs concernés qu'au taux de staking lui-même.

Par ailleurs, que se passera-t-il concrètement pour les protocoles de liquid staking si le rendement devient nul au-delà d'un certain seuil, ou au moins insuffisant ? Devraient-ils désengager une partie de leurs propres validateurs afin de maintenir leurs utilisateurs dans la zone rémunératrice ? Comment répartir équitablement les récompenses entre des déposants dont seule une partie des fonds serait effectivement stakée à un instant donné ? Des solutions existeront certainement, mais elles introduiront une complexité supplémentaire sur des infrastructures qui sécurisent déjà une part considérable du réseau, et Ethereum n’a probablement pas besoin de cela maintenant.

Cette évolution pourrait également produire un autre effet secondaire, celui de l'apparition éventuelle d'un premium durable sur les LST. Effectivement, si la capacité à obtenir du rendement devient une donnée trop complexe, il n'est pas impossible que certains tokens de liquid staking commencent à s'échanger au-dessus de leur valeur théorique sur le marché secondaire. Bien que ce ne soit probablement pas un problème pour les oracles, cela pourrait rapidement le devenir pour les utilisateurs de stratégies de looping, qui verraient une partie importante de leur rendement absorbée dès l'achat de leur LST.

Plus largement, rappelons que l’ETH constitue le taux de base de la finance on-chain, et l’EIP dans sa forme actuelle omet totalement ce point. Les protocoles de prêt, les stratégies de leverage, les LST, les LRT, les marchés de taux fixes ou encore les trésoreries tokenisées construisent tous leurs modèles autour de cette référence. Modifier aussi profondément ce taux sans disposer d'une véritable modélisation des effets de second ordre nous paraît a minima prématuré.

Au final, notre désaccord porte moins sur le diagnostic que sur le séquencement des priorités. Avant de chercher à réduire le rendement distribué par le réseau, Ethereum nous semble devoir résoudre une question bien plus fondamentale : retrouver sa raison d’être, retrouver un cap et réussir à retrouver sa place. C’est un chantier déjà engagé, que nous avons traité dans un article récemment publié sur OAK Research. Et, à ce stade, cet EIP apparaît plus comme un frein à l’évolution de l’ETH qu’autre chose.

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Conclusion

Après avoir étudié la proposition, les arguments avancés par ses auteurs et les nombreuses réactions qu'elle a suscitées, notre conviction est qu'EIP-8363 apporte aujourd'hui davantage d'incertitude et de complexité qu'il ne résout de problèmes.

Les conclusions présentées dans la proposition sont assez alambiquées et ne prennent pas en compte les implications plus larges pour l'écosystème Ethereum si cet EIP venait à être adopté. Aujourd’hui, Ethereum a évolué et ne se limite plus uniquement à ce que l'Ethereum Foundation juge bon.

Nous pensons que si cette proposition avait été mise sur la table il y a quelques années, elle aurait probablement eu davantage de sens et suscité moins de résistance. La place d'Ethereum a depuis profondément évolué. Ce qui rend aujourd'hui le réseau utile et précieux repose notamment sur son écosystème de finance on-chain, sa sécurité et sa prévisibilité, la diversité des acteurs directement dépendants du succès d'ETH, ainsi que les nombreuses organisations qui contribuent à son fonctionnement.

Le staking constitue une composante essentielle de cet équilibre, en apportant des revenus qui incitent les acteurs à prendre les risques nécessaires pour participer à la sécurisation du réseau.

Notre conviction principale, comme expliqué précédemment, est donc que les bénéfices attendus de cette proposition sont largement contrebalancés par ses répercussions potentielles sur l'écosystème dans son ensemble. Elle est par ailleurs présentée comme une réforme urgente à intégrer dès la prochaine mise à jour du réseau, sans qu'un argument clair ne vienne réellement justifier cette urgence, ce qui laisse finalement peu de place à la discussion et à l'amélioration de la proposition.

Nous pensons surtout que ce sont les solo stakers qui prendraient le plus grand risque, tandis que la centralisation pourrait continuer à progresser, les organisations et institutions étant mieux armées pour continuer à staker malgré la baisse du rendement et leurs coûts marginaux relativement faibles.

Par ailleurs, les files d'attente d'entrée et de sortie des stakers pourraient devenir particulièrement chaotiques autour du plafond de staking de 50 %, donnant une nouvelle fois un avantage aux organisations capables de s'adapter rapidement plutôt qu'aux stakers solo.

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