
Market Briefing 11 : Bitcoin (BTC) confirme son retournement de tendance, les altcoins reprennent des couleurs
Bitcoin (BTC), Ethereum (ETH), Derive (DRV)
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Le Bitcoin revient tester la borne basse de son nouveau range tandis que les altcoins, à l'image de l'Ether, commencent à flancher, le tout sur fond de taux américains au plus haut depuis 24 ans. Bienvenue dans le Market Briefing #12, notre format dans lequel nous vous proposons une analyse synthétique du marché des cryptos. Dans cette édition du 7 octobre 2026, nous revenons sur le range du BTC et ses scénarios, un point complet des altcoins (ETH, HYPE, DRV), ainsi que sur un décor macro qui pèse de plus en plus lourd.
Il y a eu pas mal de mouvements sur le Bitcoin ces sept derniers jours, même si, avec un peu de recul, la structure n’a pour le moment pas beaucoup évoluée. Dans la journée de mercredi dernier, le BTC était revenu autour des 82 800 $ et avait clôturé aux alentours des 83 500 $, venant chercher presque parfaitement la borne basse du nouveau range que nous suivons depuis le 21 septembre. Depuis cette zone, il avait réussi à rebondir.
Ensuite, vendredi dernier, il est revenu chercher le haut du range avec un sommet autour des 87 300 $. Même scénario lundi, avec un nouveau test de la zone des 87 000 $. Mais cette résistance a de nouveau tenu et, dans la nuit de mardi à mercredi, le Bitcoin a finalement subi une correction importante, de l'ordre de -2,7 % sur la journée au moment où nous écrivons, pour revenir autour des 82 600 $.
Nous nous retrouvons donc exactement sur la borne basse du range dans lequel le Bitcoin évolue depuis le 21 septembre, désormais assez clairement délimité : une borne basse autour des 82 600 - 82 700 $, et une borne haute autour des 87 000 - 87 300 $. Le BTC vient donc de parcourir pratiquement tout le range à la baisse après avoir échoué une nouvelle fois contre sa borne haute.

Le premier scénario, le plus favorable à court terme, c'est qu'on rebondisse une nouvelle fois sur les 82 600 $. C'est cette zone qui nous avait déjà servi de support la semaine dernière, et que nous sommes à nouveau en train de travailler. Si on réussit à rebondir dessus, alors on est de retour dans un range classique et on peut viser la borne haute autour des 87 000 - 87 300 $. Ce serait aussi le meilleur cas pour les altcoins, qui souffrent plus que le Bitcoin en ce moment.
Une variante mène au même résultat : une mèche sous les 82 600 $ pour faire peur aux longs et récupérer un peu de liquidité, avant de réintégrer rapidement le range. Tant que la structure n'est pas clairement invalidée, inutile de surinterpréter une mèche sous le support.
Le deuxième scénario, qu'on évoquait déjà les semaines précédentes, c'est que le Bitcoin perde vraiment les 82 600 $. On viserait alors un retour vers les 79 000 - 79 200 $. Rien d'inquiétant pour la tendance de fond, mais on voudrait voir le BTC consolider sur ces prix avant de repartir.
Le déroulé deviendrait donc : 82 600 $ perdus, retour vers 79 000 - 79 200 $, consolidation et rebond, nouveau travail des 82 600 $ en tant que résistance, puis tentative de réintégration du range. Tant que les niveaux structurels de la nouvelle tendance haussière ne sont pas invalidés, un tel mouvement resterait parfaitement compatible avec une simple consolidation.
Malgré la baisse du jour, pas de raison de paniquer sur le Bitcoin : il revient sur un support qu'on avait déjà repéré et la structure reste propre. La grosse résistance de court terme est sur les 87 200 $, la borne basse immédiate sur les 82 600 $. C'est la réaction du marché sur cette zone qui nous donnera le ton pour la suite.
La structure du Bitcoin reste propre, mais c'est moins confortable du côté des altcoins. Premier signal, la dominance du Bitcoin est remontée vers les 59,7 %, soit son niveau du 21 septembre : le BTC recapte donc une part plus grosse du marché, au détriment des altcoins. Le TOTAL3 a corrigé plus fort que le BTC et, même s'il n'a pas encore perdu ses niveaux clés, son comportement est un cran en dessous.
Ethereum (ETH) est le symbole de ce manque de force, lui qui s’était pourtant montré assez costaud depuis juillet. Nous suivions depuis quelque temps la zone des 2 630 $, qui avait servi à plusieurs reprises de support. Aujourd'hui, l'ETH a complètement traversé ce niveau, avec environ -5 % sur la journée, et se dirige désormais vers les 2 530 $, la prochaine grosse zone que nous surveillons.
C'est là qu'on veut voir une réaction : idéalement, les 2 530 $ tiennent en support et l'ETH rebondit. S'ils cèdent aussi, l'Ethereum risque de replonger dans son ancien range des 2 360 - 2 530 $, ce qui serait un peu plus embêtant à court terme.
Il faut toutefois garder du recul. Pour rappel, l'ETH est repassé en tendance haussière en août après avoir récupéré les 2 460 $. Autrement dit, il garde de la marge avant que la structure de fond ne soit vraiment remise en cause, mais la réaction sur les 2 530 $ comptera pour la suite. En résumé : 2 630 $ est l'ancien support qui vient d'être perdu, 2 530 $ la prochaine grosse zone à défendre, 2 360 - 2 530 $ l'ancien range qu'ETH pourrait réintégrer en cas de faiblesse, et 2 460 $ le niveau structurel qui avait validé le retournement de tendance.

La situation est bien plus rassurante du côté de HYPE. Dans le cadre de sa tendance haussière, le token avait construit un point bas autour des 75 $ à la mi-septembre, avant d'accélérer fortement jusqu'à inscrire un nouveau record historique autour des 97 $. Mercredi dernier, pendant la précédente correction, il avait formé un nouveau point bas vers les 84 $, puis rebondi, avant de corriger à nouveau aujourd'hui avec le reste du marché. Il évolue désormais autour des 88 $.
Rien d'inquiétant à ce stade. Contrairement à d'autres altcoins, HYPE n'a cassé aucun niveau important : il tient au-dessus de son dernier point bas des 84 $ et garde une tendance très propre. Il continue de montrer une belle force relative malgré la correction générale.
Derive, on le suit de près puisqu'on a récemment ouvert une position sur le DRV dans notre portfolio, construite en plusieurs fois. On était notamment revenus renforcer quand le token avait rebondi mardi dernier autour des 0,368 $.
Cette zone nous intéressait pour deux raisons. D’abord car elle constituait un support technique important, et surtout parce qu’elle correspondait approximativement au 0,382 de Fibonacci. Aujourd'hui, en revanche, le DRV a perdu cette zone et évolue désormais en dessous, ce qui nous oblige à regarder les niveaux suivants.
Le premier se situe autour des 0,326 $, soit les 0,5 de Fibonacci, avec une confluence technique supplémentaire puisqu'il correspond aussi approximativement à la moyenne mobile 200 (MA200). C'est la première zone où l'on guettera la réaction du DRV. Si ça ne tient pas, la zone suivante est autour des 0,28 $ : à la fois l'ancienne résistance majeure cassée lors du dernier mouvement haussier et le 0,618 de Fibonacci.
Un retour jusque-là serait une correction bien plus marquée, mais encore saine dans la structure d'ensemble. Si le DRV y descend, on renforcera sans doute notre position, à condition que la réaction technique colle à notre scénario et que notre thèse de fond n'ait pas bougé.
Les niveaux à retenir sur le DRV sont donc les suivants : 0,368 $ est l'ancien support (retracement 0,382) désormais perdu, 0,326 $ la première grosse zone attendue (retracement 0,5 + MA200), et 0,28 $ la seconde (ancienne résistance majeure + retracement 0,618).

Un mot, enfin, du décor macro, parce qu'il explique une bonne partie de la pression sur le marché. Le taux à 10 ans américain est repassé au-dessus des 5,35 %, du jamais-vu depuis 24 ans, et le 30 ans atteint 5,72 %. C'est la suite directe du thème qu'on suit depuis l'été : la fin de l'argent pas cher.
Tant que les taux longs montent, les actifs dits « de duration » (tech, valeurs de croissance, et par ricochet les cryptos) paient la note. À 5,35 %, les obligations redeviennent une alternative crédible aux actions, et c'est autant de capital qui ne part pas vers le risque.
Deux éléments entretiennent cette pression. D'abord le pétrole : toujours aucune négociation entre les États-Unis et l'Iran, un responsable iranien excluant tout renoncement à l'enrichissement de l'uranium, et un Brent qui se maintient au-dessus des 102 $. Notre baromètre reste donc orienté à la hausse, et chaque refus de discussions réinjecte une prime d'inflation dans le baril, et donc dans les taux.
Ensuite, un signal plus discret mais important : le stress sur le crédit à effet de levier revient à ses niveaux de mars 2020. Les prêts qui cotent sous 60 cents atteignent 65 milliards de dollars, au plus haut depuis cinq ans, avec la tech en première ligne. Autrement dit, la hausse du coût de la dette commence à faire mal, précisément au moment où un important mur de refinancements approche.
Dernier point pour saisir l'ambiance : l'IA se finance de plus en plus par la dette. SpaceX discute par exemple d'une levée de 40 milliards de dollars pour acheter des puces Nvidia, pendant que les dix plus grosses valeurs du S&P 500 pèsent désormais 41 % de l'indice. Les Capex dans l’IA explosent, mais le marché de l’emploi se dégrade nettement (-12 % sur le secteur de l’information depuis 2022).
Bref, le marché actions a certes inscrit un nouveau record, mais certains analystes se montrent nettement moins optimistes que ça, et le BTC l'a d'ailleurs encaissé aujourd’hui, avec une mèche de près de 2 000 $ en vingt minutes et quelque 400 millions de dollars de positions longues liquidées.

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