
31 mars 2026

Les options représentent des centaines de milliards de dollars de volume quotidien sur les marchés financiers traditionnels. Elles sont massivement utilisée par les institutionnels et les market makers professionnels, ce qui explique pourquoi la finance on-chain peine à les répliquer. Dans cette analyse, nous vous proposons de découvrir les principaux protocoles qui tentent de rendre les options accessibles on-chain.
Alors que de plus en plus de produits issus de la TradFi migrent on-chain, certains protocoles ont fait le choix de s’implanter sur le marché des options. Ce produit, pilier de la finance traditionnelle, est désormais déployé par plusieurs acteurs de la DeFi.
Tandis que les perpetuals sont essentiellement une extension du spot avec un mécanisme de funding, les options exigent un pilotage fin de l’exposition à la volatilité et une liquidité profonde sur des dizaines de strikes et d'échéances.
Cette complexité explique pourquoi les options ne représentent aujourd'hui que 0,2% du volume des perpetuals on-chain. Bien qu'il s'agisse encore d'une niche, elles constituent le complément idéal aux perps pour élaborer de nouvelles stratégies.

Avant de trader des options, vous devez en maîtriser les bases. Le trading d'options sur les DOEX (DeFi Options Exchanges) nécessite une compréhension claire des différents profils de risque.
Contrairement aux perpetuals, l'exposition n'est plus linéaire, elle dépend des « Greeks », qui mesurent l'influence de différentes variables sur le prix d'une option :

Par exemple, un l’achat d’un Call (Bullish) est utilisé pour capter la hausse du sous-jacent avec un levier intégré, offrant un moyen de profiter de l'augmentation des prix sans détenir l'actif lui-même.
À l'inverse, l’achat d’un Put (Bearish) sert soit d'instrument de couverture (hedge) pour protéger une position existante, soit de levier pour spéculer sur une baisse des cours.
Lors de l'achat d'options, les pertes sont plafonnées à la prime payée, tandis que les gains potentiels restent théoriquement illimités.
À l'inverse, la vente d'options est une stratégie de capture de prime comparable à la vente d'une assurance. Elle expose le vendeur à un risque de perte totale du collatéral en cas de mouvements extrêmes du sous-jacent, en particulier lorsque l’exposition au Gamma devient difficile à couvrir.

En combinant un call et un put, le trader élimine le biais directionnel pour se concentrer uniquement sur l'ampleur du mouvement de prix. Le succès de ces stratégies dépend de la capacité de la volatilité réalisée à dépasser la volatilité implicite intégrée dans la prime lors de l'entrée en position.
Cependant, il est nécessaire de prêter attention au Theta (l'érosion temporelle qui réduit quotidiennement la valeur de l'option) qui joue contre l'acheteur chaque jour qui passe.

Derive s'est affranchi des contraintes des L2 existantes en lançant sa propre App-Chain, basée sur l'OP Stack, afin de mieux maîtriser la performance et la microstructure de marché.
Le protocole affiche actuellement une TVL d'environ 90 à 100 millions de dollars, avec un volume sur les perpetuals supérieur à 200 millions de dollars sur 30 jours et un notionnel sur les options dépassant les 500 millions de dollars.

Rysk se positionne comme la principale infrastructure de "volatility yield" sur Hyperliquid. Le protocole permet de monétiser la volatilité du marché en vendant systématiquement des options, redistribuant ainsi les primes collectées sous forme de rendement aux utilisateurs.
Avec une TVL d'environ 50 millions de dollars (répartie entre Hyperliquid et Arbitrum), le protocole a généré près de 2 millions de dollars de primes d'options sur 30 jours, pour un notionnel cumulé dépassant les 593 millions de dollars.



Voici quelques mentions honorables de protocoles proposant actuellement le trading d'options :
Les exchanges d'options DeFi ne sont pas une simple réplique de l'instrument bien connu de la TradFi. Bien que le potentiel théorique des options on-chain soit massif, le secteur fait face à des problèmes structurels qui l'empêchent d'atteindre la même échelle que le marché des perpetuals.
Passer d'un instrument linéaire comme un perp à un instrument non linéaire comme une option expose les limites de l'infrastructure blockchain actuelle, de la fragmentation de la liquidité aux contraintes de latence.
Sur un DEX spot ou un DEX perp, la liquidité est concentrée sur une seule paire (ex : BTC/USD). Les options, en revanche, nécessitent que la liquidité soit répartie sur des dizaines de combinaisons de strikes (prix d'exercice) et d'échéances.
Cette dispersion entraîne mécaniquement des marchés moins profonds.
Les plateformes comme Deribit conservent leur dominance car elles offrent une latence quasi nulle, essentielle pour le market making. La DeFi, même avec l'apport des App-Chains, souffre encore d'une « taxe de latence » qui se traduit finalement pour l'utilisateur par des spreads plus larges.
Dans la finance traditionnelle, l'OCC (Options Clearing Corporation) garantit la solvabilité au niveau systémique. En DeFi, il n'existe pas de chambre de compensation : la solvabilité repose entièrement sur le collatéral verrouillé dans les smart contracts.
Contrairement aux marchés réglementés où les prix de règlement sont institutionnels et stables, le dénouement des options on-chain dépend d'oracles, ce qui introduit de la latence et, dans les cas les plus critiques, un risque de manipulation.
Le slippage sur les options DeFi est plus complexe que sur les AMM standards, et ses mécaniques diffèrent selon le modèle :
Dans les deux cas, dès que le carnet d'ordres ou le vault devient déséquilibré, les prix d'exécution peuvent s’éloigner brutalement des prix cotés, rendant les stratégies de couverture (hedging) à grande échelle extrêmement coûteuses.
Avant toute chose, considérez les options DeFi comme des instruments à haut risque nécessitant une expertise avancée.
Commencez avec de petites positions, diversifiez, et évitez le levier à moins de maîtriser parfaitement les « Greeks » et autres fondamentaux. Dans la majorité des cas, les perps ou les DEX à carnet d'ordres demeurent bien plus efficaces.
À mesure que l'intégration des produits financiers on-chain progresse, nous pouvons nous attendre à ce que davantage d'acteurs de la finance traditionnelle (TradFi) tokenisent l'accès à leurs propres options. Cela permettrait de lever de nombreux obstacles inhérents à la conception actuelle des protocoles abordés dans cet article.
Malheureusement, les options demeurent aujourd'hui un produit marginal au sein de l'écosystème crypto. Contrairement aux perps, dont le mécanisme de funding reste intuitif, les options exigent une gestion active des « Greeks » et de leurs interactions.
Cette courbe d'apprentissage se rapproche davantage du trading professionnel que de la spéculation, ce qui plafonne structurellement l'audience de ces produits. La faible liquidité s’occupe du reste, empêchant le peu d'utilisateurs actifs de trader avec des volumes significatifs.
Cependant, face à l'intérêt croissant des institutionnels, les protocoles offrant des infrastructures adéquates méritent une attention particulière. Il est probable que les acteurs traditionnels finissent par les acquérir ou les intégrer directement pour accélérer leur arrivée on-chain.



