
Faut-il passer vos cryptos en mode “bunker” comme le préconise Justin Drake ?
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Le 7 octobre, Lido a présenté Lido Lend, un nouveau produit de lending qui viendrait s’ajouter à Earn, aux stVaults et à Wisp. Le souci, c’est qu’aucun de ces trois produits n’approche aujourd’hui ses objectifs, et que la DAO a fini le premier semestre dans le rouge. Alors, Lido Lend est-il l’initiative de trop ? C’est ce que nous allons voir dans cet article, en revenant sur ses promesses, le bilan des derniers lancements de Lido, l’état de ses finances et celui des buybacks de LDO+2.21%.
Lancé en 2020, Lido est un protocole pionnier du liquid staking, un segment de marché reposant sur le constat suivant : le coût pour être validateur sur Ethereum (32 ETH, soit environ 77 000 $ actuellement) est trop élevé pour l’utilisateur moyen, ce qui réserve mécaniquement le processus de validation à un cercle restreint.
Les protocoles de liquid staking répondent à ce problème de la façon suivante : un utilisateur dépose des ETH, ces derniers sont ensuite mis en staking via des validateurs professionnels, puis le protocole émet en retour un token de liquid staking (LST) à un ratio théorique de 1:1. Dans le cas de Lido, le stETH représente l'ETH staké et sa valeur augmente chaque jour automatiquement. Sa version wrapped, le wstETH, intègre ces récompenses directement dans son prix.
Les LST permettent aux utilisateurs de capter du yield provenant du staking natif sur Ethereum tout en jouissant d’un token liquide et composable dans la finance on-chain. Ce dernier peut par exemple être utilisé sur des protocoles comme SparkLend, Aave ou Morpho, notamment à travers du looping : les utilisateurs déposent du wstETH en collatéral, empruntent de l’ETH, le convertissent en wstETH, le redéposent, et ainsi de suite.
Selon DefiLlama, environ 7,22 Md$ de wstETH et 8,45 M$ de stETH étaient déposés dans des protocoles de lending au moment de la rédaction de ces lignes, soit le 19 octobre. L’essentiel du stETH est aujourd’hui restaké sur EigenLayer (hors CEX), plutôt qu’utilisé dans le lending en raison de la complexité d’intégration des actifs à rebase dans la DeFi.
Aujourd’hui, Lido est de très loin le principal protocole de liquid staking sur Ethereum avec 23,37 Md$ de TVL, devant Binance Staked ETH (8,5 Md$), ether.fi (4,6 Md$) et Rocket Pool (1,24 Md$), selon les données de DefiLlama.
Sur le plan opérationnel, 90 % des récompenses de staking reviennent aux utilisateurs, le reste étant réparti entre les opérateurs de nœuds et la trésorerie de la Lido DAO+2.21%, gouvernée par les détenteurs de LDO.
En pratique, les revenus de Lido dépendent directement de 3 variables :
Au premier semestre 2026, l’ETH a perdu 47 % et la part de Lido dans le staking d’Ether a reculé, passant de 23,93 % à 21,18 %. Selon Lido, la croissance du staking s’est surtout faite du côté des institutionnels, en particulier des entreprises qui accumulent de l’ETH en trésorerie, comme Bitmine, et des ETF de staking, ainsi que sur les CEX comme Upbit, Binance, Coinbase ou Kraken.
En parallèle, l’activité de liquid staking sur Ethereum s’est ralentie de façon relativement importante. En novembre 2025, Lido signalait une hausse modeste de l’ordre de 5 % sur un an pour ce secteur, ce qui contraste avec la hausse de 18 % observée en 2024.
Dans le même temps, 47 % des ETH stakés à ce moment-là étaient déposés dans des protocoles de liquid staking, un chiffre qui n’avait pas évolué en 15 mois. Depuis, la situation s’est dégradée puisque ce chiffre n’est plus que de 38 % selon DefiLlama.
Les revenus de Lido étant directement dépendants de l’ETH, le protocole a adopté en décembre 2025 GOOSE-3, un plan d’expansion horizontale visant explicitement à diversifier ses sources de revenus. Dans les faits, cette expansion avait déjà commencé avec l’initiative Lido Earn, des vaults de rendement lancés en 2025 puis réorganisés en 2026 avec le EarnETH (ETH et dérivés) et le EarnUSD (USDC/USDT).
En 2026, deux nouveaux produits ont été lancés dans ce cadre :
Le 7 octobre 2026, les contributeurs de Lido ont présenté Lido Lend sur le forum, un nouveau produit se définissant comme un marché de lending bâti sur un fork modifié de Morpho Blue. Lido vise un déploiement ce trimestre sous réserve d’approbation de la DAO, mais le souci, c’est que la logique d’expansion initiée par Lido ne semble pas convaincre tout le monde au vu de l’évolution des autres projets. C’est ce que nous allons creuser dans cet article.
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Pour rappel, Morpho Blue, lancé en 2024, est un protocole de lending organisé en marchés isolés : chaque marché associe un actif prêté, un collatéral, un oracle et un seuil de liquidation (LLTV) fixés à sa création. N’importe qui peut créer un marché, et des curateurs gèrent ensuite des vaults qui répartissent les dépôts entre plusieurs marchés.
Lido Lend reprend l’architecture des marchés isolés et la place sous la gouvernance de la DAO, mais sans la couche de curation. Selon Lido, les utilisateurs pourront interagir directement avec les marchés, ou passer par des intégrations externes comme Fluid, Gearbox ou DeFi Saver, et les vaults curatés existants, comme EarnETH et EarnUSD, devraient figurer parmi ses premiers utilisateurs.
Dans la proposition initiale déposée sur le forum le 7 octobre, Lido Lend est présenté avec les objectifs suivants :
Lido Lend vise ainsi 2 publics : les prêteurs passifs qui ont une vision à long terme, et les emprunteurs professionnels. Il est important de comprendre que ce produit n’est pas conçu comme un produit de lending généraliste, et qu’il ne doit pas être vu comme un concurrent direct aux protocoles existants. L’idée, c’est plutôt de compléter l’arsenal existant de Lido.
À l’heure où nous rédigeons ces lignes, la proposition détaillée de Lido Lend n’a pas encore été formalisée. Pour le moment, nous disposons simplement de l’ébauche disponible sur le forum et de quelques détails sur les mécanismes qui seront implémentés, publiés par Izzy, contributeur de Lido.
Pour bien saisir l’intérêt des Fallback Exits, il est nécessaire de rappeler quelques bases sur le lending classique : lorsque la quasi-totalité de l’actif prêté a été empruntée dans une pool, les prêteurs ne peuvent plus retirer leurs fonds tant que des emprunteurs n’ont pas remboursé leur position ou que de nouveaux dépôts ne sont pas arrivés.
Ce mécanisme se définit à travers un taux d’utilisation propre à chaque pool, et existe aujourd’hui sur presque tous les protocoles de lending. En règle générale, le taux d’utilisation définit directement le taux d’emprunt et le yield pour les déposants de manière à équilibrer l’ensemble.
L’idée des Fallback Exits, c’est de créer une porte de sortie pour les prêteurs dans le cas où un marché serait saturé. Dans ce cas de figure, un déposant pourrait compléter son retrait avec le collatéral déposé par les emprunteurs. Par exemple, sur un marché wstETH/WETH à court de WETH, il recevra du wstETH, et la dette des emprunteurs mis à contribution sera réduite d’autant. Les positions les plus proches de leur seuil de liquidation seront sollicitées en premier, ce qui protège les positions les plus saines.
Naturellement, un tel mécanisme ne peut exister que pour des actifs corrélés. Au-delà du wstETH/WETH que nous avons cité, cela est aussi valable pour les marchés en stablecoins adossés à des RWA comme des bons du Trésor, car la logique est la même : un prêteur de stablecoins bloqué par un manque de liquidité recevrait des bons du Trésor tokenisés, un actif dont la valeur en dollars varie peu.
Pour le moment, Lido n’a pas encore publié la formule de conversion entre la dette et le collatéral. Autrement dit, on ne sait pas encore à quel prix le collatéral sera valorisé au moment de l’utilisation des Fallback Exits. Or, ce choix détermine qui supporte la perte en cas de crise réelle.
Prenons un exemple théorique : un prêteur souhaite retirer 100 WETH, mais le marché ne dispose pas d’une liquidité suffisante. Il reçoit donc du wstETH en contrepartie. Si celui-ci est valorisé au prix de l’oracle alors qu’il s’échange à un prix inférieur sur le marché, le prêteur récupère moins de valeur que celle qu’il a prêtée.
À l’inverse, si Lido applique une décote au wstETH pour tenir compte de son prix de marché, l’emprunteur devra céder davantage de tokens pour effacer le même montant de dette. Le coût de l’écart est alors supporté par l’emprunteur.
Dans une publication en date du 22 octobre, Lido a présenté le 2e mécanisme propre à Lido Lend : le Guardian Security Council. Concrètement, chaque marché disposera de son propre “conseil”, composé d’opérateurs indépendants dont le rôle sera de surveiller la nature des fonds y transitant.
L’objectif est d’empêcher qu’un marché soit impacté par l’utilisation de fonds issus de hacks ou de manipulations, un cas de figure qui a malheureusement souvent des répercussions pour les autres utilisateurs, comme l’a rappelé l’épisode KelpDAO / LayerZero. En effet, le taux d’utilisation du marché WETH d’Aave V3 avait atteint 100 % en quelques heures, ce qui avait bloqué les retraits des déposants faute de liquidité disponible. C’est exactement la situation que les Fallback Exits doivent permettre d’éviter.
L’idée est la suivante : tout collatéral devra passer par une forme de “maturation”, c’est-à-dire une période durant laquelle le conseil aura la possibilité de bannir l’adresse associée avant qu’elle n’ait la possibilité d’emprunter quoi que ce soit. La durée de cette période, tout comme le choix des prestataires chargés du filtrage, devra être votée par la DAO.
Les membres du conseil ne peuvent ni geler ni déplacer des fonds, ni modifier les paramètres d’un marché, ni bloquer les remboursements, les liquidations ou les retraits d’un compte sans dette.
Sur le papier, le fait de proposer des marchés spécialisés pour répondre aux besoins et aux possibilités offertes par l’ETH et les dérivés proposés par Lido fait sens. Pour les holders d’une part, qui peuvent profiter d’un endroit leur permettant de générer du yield de façon passive et sereinement, mais aussi pour Lido, tout cela lui permettant d’internaliser des revenus qui s’échappent aujourd’hui vers d’autres protocoles.
En effet, aujourd’hui, 7,33 Md$ de stETH et de wstETH sont déposés dans des protocoles de lending selon DefiLlama. Autrement dit, une demande existe clairement dans la finance on-chain pour les actifs aujourd’hui proposés par Lido.
| Protocole | Part des dépôts de stETH et de wstETH |
|---|---|
| SparkLend | 47,2 % |
| Aave v3 | 35,1 % |
| Morpho Blue | 9,4 % |
| Compound v3 | 4,4 % |
| Fluid | 2,0 % |
| Aave v4 | 0,8 % |
En effet, toujours selon DefiLlama, les marchés dédiés aux paires corrélées wstETH/ETH, sur Fluid, Morpho, Curve LlamaLend ou Aave v4, totalisent 330 M$ déposés et 286 M$ empruntés, soit un taux d’utilisation global de 86,7 %. Cela ne représente que 4,5 % des dépôts de stETH et de wstETH dans le lending.
Ainsi, l’essentiel du collatéral reste dans des marchés mutualisés comme SparkLend ou Aave v3, c’est-à-dire ceux que Lido Lend ne prétend pas concurrencer.
Parmi les premiers retours sur cette ébauche de Lido Lend visibles sur le forum, certains se demandent l’intérêt d’un fork de Morpho Blue, c’est-à-dire un protocole dont l’infrastructure a largement été battle-tested, si c’est pour y ajouter de nouvelles spécificités techniques qui viennent ajouter leur propre logique. À cela, Lido répond que chaque modification apportée par Lido Lend fera l’objet d’audits externes.
Mais surtout, pour le moment, Lido n’a publié aucun business case : ni coût de lancement, ni objectif de TVL, ni modèle de revenus pour la DAO. Après les déceptions d’Earn, des stVaults et de Wisp (sur lesquels nous revenons plus bas), c’est précisément ce que réclament plusieurs membres du forum, l’un d’eux rappelant que « les développements précédents n’ont montré que des pertes ».
Selon Lido, les chiffres sur l’investissement nécessaire et le rendement attendu seront publiés avec les propositions GOOSE et EGG, « vers fin novembre ».
Note : Pour la suite de cet article, les derniers chiffres officiels de Lido portent sur le 30 juin et le 31 juillet ; les éléments plus récents proviennent quant à eux de données on-chain compilées par DefiLlama au 19 octobre.
À quelques mois de la fin de l'année, aucun des 3 produits lancés par Lido n'approche les objectifs fixés par GOOSE-3, ni ceux fixés dans le rapport du premier semestre.
| Produit | Objectif fin 2026 (GOOSE-3) | Objectif révisé (rapport S1) | Dernier point mesuré | Taux d'atteinte de l'objectif (initial / révisé) |
|---|---|---|---|---|
| Lido Earn | 8 M$ d'ARR | 5 M$ d'ARR | ~1,9 M$ d'ARR brut (6-19 oct.) | 24 % / 38 % |
| stVaults | 1 M d'ETH | ~100 000 ETH | 23 284 ETH (19 oct.) | 2,3 % / 23 % |
| Wisp | Aucun objectif chiffré | 3 000 abonnés payants | ~10 abonnés payants (fin août) | n.d. / 0,3 % |
Actuellement, Lido Earn est le seul produit des 3 que nous avons évoqués à générer un revenu qui soit véritablement significatif. Au premier semestre 2026, Lido Earn a dégagé 0,27 M$ de revenu brut et 0,23 M$ net, et ce pour un coût de 1,29 M$ (en incluant les anciens vaults GGV, DVV et sTRATEGY). L’excédent de revenus nets, une fois déduits les coûts approuvés au budget, revient entièrement à la DAO.
Lors de la publication de son rapport relatif au premier semestre 2026, Lido indiquait que les revenus générés par Earn équivalaient à environ 5 % des objectifs initiaux.
Cela étant dit, Lido précisait dans le même temps que le premier semestre était dédié à la croissance du produit, la capture de frais passant au second plan. Cela s’est traduit par l’instauration de périodes sans frais de gestion ni commission de performance sur Lido Earn, ce qui explique une partie des faibles revenus.
Au total, le EarnETH et le EarnUSD ont facturé 437 000 $ de frais à eux deux du 1er juillet au 19 octobre, dont 387 000 $ rien que pour le premier d’entre eux. À l’heure où nous rédigeons ces lignes, les 2 vaults affichent une TVL de 237 M$.
Depuis le 6 octobre, les 2 vaults appliquent la même grille, à savoir 0,2 % de frais de gestion et 15 % de commission de performance. En annualisant les frais facturés du 6 au 19 octobre, nous obtenons un ARR brut d'environ 1,9 M$, dont 1,33 M$ pour EarnETH et 0,56 M$ pour EarnUSD.
À ce rythme, Earn atteindrait seulement 24 % de l'objectif initial de GOOSE-3, fixé à 8 M$ d'ARR fin 2026, et 38 % de l'objectif révisé de 5 M$. Autrement dit, il faudrait encore multiplier ce rythme par 2,6 pour atteindre l’objectif revu à la baisse.
Ainsi, même au rythme actuellement observable sur octobre, Lido Earn ne couvrirait pas ses coûts directs, qui atteignent environ 2,6 M$ par an au rythme du premier semestre.
Lancés le 30 janvier 2026, les stVaults reprennent le schéma ETH/stETH, mais à destination des institutionnels ou des professionnels. Plus précisément, un stVault est un smart contract non custodial propre à chaque client, dans lequel ce dernier peut déposer son ETH avant de choisir lui-même son opérateur. Les ETH déposés dans les stVaults sont isolés du reste des ETH déposés directement dans Lido.
Les stVaults viennent répondre à une problématique inhérente au staking classique de Lido : dans la pool principale, les dépôts d’ETH des utilisateurs sont mutualisés et ces derniers n’ont pas la possibilité de déterminer à quel validateur leurs actifs seront délégués. En somme, pour un institutionnel, ce modèle l’empêche de sélectionner son prestataire, d'isoler ses fonds ou de négocier ses conditions.
À la différence du liquid staking classique, les stVaults imposent une surcollatéralisation de la position à un taux variable, appelée réserve. Pour protéger les détenteurs de stETH, la quantité de stETH mintable via les stVaults est plafonnée autour de 30 % du protocole.
Si la réserve d’un vault passe sous le seuil fixé, son propriétaire ne peut plus minter de stETH. Et si elle descend encore, jusqu’au seuil dit de rééquilibrage forcé, une partie de l’ETH du vault peut être transférée vers la pool principale de Lido pour effacer l’équivalent de sa dette en stETH.
Avec ses stVaults, Lido vise 3 grandes catégories de clients :
Cela permet à des projets de bâtir des produits sur mesure, à l’instar de Linea. En effet, lorsque des utilisateurs immobilisent de l’ETH dans le bridge du Layer 2, une partie des actifs est stakée sur un stVault, ce qui permet de financer des incentives pour les utilisateurs du réseau. Ce vault, baptisé Yield Boost et opéré par Consensys Staking, est aujourd'hui le plus important de la gamme.
Sur le segment des stVaults, la DAO se rémunère avec des frais prélevés sur les récompenses de staking, à raison de 1 % des récompenses générées par l’ensemble du vault au titre de l’infrastructure, mais aussi avec des frais relatifs à la quantité de stETH mint dans un stVault. Concrètement, chaque année, la DAO prélève l'équivalent de 6,5 % des récompenses de staking que rapporterait la quantité de stETH mint par chaque stVault.
Exemple : Prenons un vault de 100 ETH qui a minté 60 stETH, avec un rendement de staking de 3 % par an. Ses 100 ETH rapportent 3 ETH de yield sur l'année : la DAO en prélève 1 %, soit 0,03 ETH de frais d'infrastructure. Les 60 stETH mintés correspondent à 1,8 ETH de récompenses annuelles (60 × 3 %) : la DAO en prélève 6,5 %, soit environ 0,12 ETH de frais de liquidité. Un vault qui ne mint aucun stETH ne paie que les frais d'infrastructure.
Du coup, quel bilan pour les stVaults ? Initialement, Lido visait 1 million d’ETH stakés fin 2026 à travers cette solution, un objectif qui a été divisé par 10 dans son rapport du premier semestre, soit 100 000 ETH.
Si l’on jette un oeil à la TVL du produit, on constate une progression assez modérée jusqu’à fin juin 2026, avant qu’elle ne double en passant de 5 768 à 11 500 ETH en l’espace d’un mois. La TVL a connu un sommet à un peu plus de 34 420 ETH le 3 septembre, puis a reculé pour atteindre environ 23 284 ETH à l’heure de la rédaction.
Aujourd’hui, les stVaults sont répartis entre 24 vaults actifs. Mais en réalité, près de 75 % de la TVL de ces derniers repose sur celui de Linea, le Yield Boost que nous avons mentionné précédemment, qui détient environ 17 380 ETH. En parallèle, seuls 5 stVaults dépassent le seuil des 100 ETH.
En dehors du fait que l’objectif de TVL n’a toujours pas été atteint pour le premier scénario (1 million d’ETH) ou pour le second, révisé à la baisse (100 000 ETH), les revenus sont partiellement pénalisés par le fait que le stVaults Committee a fixé des frais d’infrastructure nuls jusqu’au 31 octobre, un programme baptisé Early Adopters Campaign mis en place en janvier 2026 pour bootstrapper ce produit et solutionner le problème d’attente de l’entry queue des validateurs.
Dans le détail, l’Early Adopters Campaign ne concerne que les stVaults affichant une TVL supérieure à 250 ETH, ce qui englobe, sur le papier, celui de Linea et 2 autres. Or, au vu des données on-chain, le stVault de Linea paye bel et bien ces frais.
Bref, ce qu’il faut comprendre, c’est que ce programme vise a priori à incentiver de nouveaux stVaults plutôt qu’à maintenir celui qui représente les 3/4 de sa TVL, puisque ce dernier paye bel et bien ces frais.
De son côté, Lido impute le manque de traction des stVaults à l’entry queue des validateurs, qui a parfois pu dépasser les 70 jours au cours du premier semestre. Pourtant, depuis la fin mai, cette dernière n’a cessé de diminuer et n’est plus que d’environ 21 jours. Nous verrons donc si le stVaults Committee maintiendra cet argument pour éventuellement prolonger la campagne au-delà du 31 octobre.
Nous pouvons constater qu’objectivement, les stVaults n’ont pas encore eu l’effet escompté, ne serait-ce qu’au regard des objectifs pourtant sensiblement révisés à la baisse. La TVL est aujourd’hui d’environ 23 284 ETH, soit à peine 23 % de l’objectif fixé pour la fin d’année.
En termes de revenus, Lido les qualifiait lui-même de ’”négligeables” dans son rapport de fin de semestre. Néanmoins, la TVL n’est plus la même aujourd’hui, et c’est l’occasion de refaire un peu de calculs.
Avec les paramètres actuels des stVaults, cette ligne de produits rapporterait 11,8 ETH par an à la DAO, soit environ 29 000 $. Rappelons qu’initialement, Lido visait 1 000 ETH de revenus par an. Par conséquent, sur l’aspect des revenus, le bilan des stVaults est encore moins bon au regard des objectifs fixés. Si l’on se fie à l’objectif des 100 000 ETH de TVL, cela équivaudrait à environ 100 ETH de revenus annuels. Aujourd’hui, cet objectif est rempli à environ 12 %.
Wisp est un produit qui s’éloigne assez considérablement de l’activité habituelle de Lido. Il s’agit d’un “confidential AI harness”, c’est-à-dire une application d’assistant et d’agents IA.
Selon Lido, sa valeur ajoutée réside dans le fait que les requêtes qui lui sont transmises sont traitées dans des Trusted Execution Environments (TEE), qui produisent chacune une attestation cryptographique vérifiable. Les prompts sont chiffrés et stockés uniquement sur l’appareil de l’utilisateur, et les transcriptions de réunions sont traitées localement. En clair, Wisp mise sur le respect de la vie privée et de la confidentialité.
Fin août, selon Lido, Wisp incluait les modèles GLM 5.2, Kimi K2.6, GPT-OSS 120B et Qwen 3.6 dans sa version gratuite, et Kimi K3 dans sa version payante. Lido prévoit notamment une API, des applications mobiles, des espaces de travail partagés à la suite de discussions avec des entreprises, et une place de marché de workflows prêts à l’emploi pour la comptabilité, les opérations ou le juridique.
Actuellement, Wisp propose 4 formules : un abonnement gratuit, un abonnement “Starter” disponible à 20 $ par mois, un abonnement “Professional” à 50 $ par mois ainsi qu’un abonnement “Max”, avec un tarif de 200 $ par mois.
Dans son rapport du premier semestre, Lido indiquait que la waitlist du produit avait dépassé 3 000 inscriptions, et fixait un objectif de 3 000 utilisateurs payants pour la fin d’année. En août, Wisp comptabilisait 200 utilisateurs au total, avec un taux de conversion de 5 % vers ses abonnements payants, soit environ une dizaine d’abonnés. Depuis, aucun chiffre n’a été partagé, nous ignorons donc si l’adoption du produit a évolué positivement ou non.
Dans les faits, Wisp s’inscrit dans l’une des “expansions verticales” présentées par l’équipe fin août. Pour autant, au vu des quelques discussions sur le forum évoquant Wisp, on constate que certains membres peinent à comprendre le lien entre Wisp et l’activité historique de Lido, ou encore d’Ethereum.
Sur le plan opérationnel, Wisp est opéré par Confidential Crab Computing, une société enregistrée aux îles Caïmans et entièrement détenue par la Lido Alliance BORG, elle-même soumise aux droits de supervision de la DAO. Selon Nemo, les revenus de Wisp sont comptabilisés dans cette société et servent à couvrir ses dépenses et à financer sa croissance. Il précise par ailleurs qu’il n’existe pas de relation directe entre le LDO et Wisp.
En l’état actuel des choses, bien qu’intéressant sur le papier, Wisp manque objectivement de traction et reste très loin de ses objectifs avec 10 abonnés payants pour 3 000 attendus. Le coût de Wisp n’a pas été divulgué, les frais relatifs à son développement ayant été classés dans l’enveloppe “New Bets” du premier semestre, laquelle totalisait un coût de 0,91 M$.
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Le 19 décembre 2025, la DAO a voté un budget de 60 M$ dans le cadre du programme GOOSE-3, un montant versé aux 3 fondations qui supervisent Lido, c’est-à-dire Lido Labs Foundation, Lido Ecosystem Foundation et Lido Alliance BORG. Ce budget se décompose en 3 enveloppes distinctes : la maintenance du protocole (26,9 M$), sa croissance (16,9 M$), ainsi qu’une allocation discrétionnaire de 16,2 M$.
Dans le cadre de la proposition, les lignes de croissance prévoyaient 10,8 M$ pour l’écosystème de staking (dont les stVaults), 3 M$ pour renforcer la résilience du protocole à travers la mise à niveau de son infrastructure, 1,8 M$ pour Lido Earn et 1,3 M$ pour les produits classés comme expansion verticale.
Le budget alors demandé par Lido reposait sur un scénario précis pour 2026, détaillé dans la proposition. Ce dernier retenait un ETH à 2 712 $ en moyenne (soit la médiane des 2 années précédentes), un rendement de staking de 2,93 %, 10,1 M d’ETH stakés dans la pool principale de Lido et 1,05 M dans les stVaults.
Le budget prévoyait aussi une hausse de la part de marché de Lido à 27,3 %, contre 24,1 % au moment de la proposition, et une part de la DAO dans les récompenses de staking portée de 5,02 % à 6,02 %. Sur cette base, Lido projetait 50 M$ de revenus nets pour 2026, dont 45,3 M$ issus du staking (stVaults compris) et 4,7 M$ d’Earn et des « New Bets », le tout pour un résultat net positif de 6,2 M$.
Il est essentiel de comprendre que le prix de l’ETH est la variable la plus importante du modèle de revenus de Lido. En effet, les revenus de la DAO sont perçus en ETH, alors que les dépenses des fondations sont fixées en dollars. Par conséquent, lorsque l’ETH baisse, les revenus en dollars baissent d’autant, sans que les coûts suivent. Pour vous donner une idée, en février, Lido estimait déjà qu’avec un ETH autour de 2 000 $, ses revenus nets de staking pour 2026 tomberaient à 33,4 M$, contre les 45,3 M$ prévus dans le budget.
Selon le rapport S1 2026, la DAO de Lido a encaissé 15,9 M$ de revenus nets pour 14,3 M$ de dépenses, soit un excédent opérationnel de 1,6 M$.
Le staking, cœur de l’activité de Lido, a dégagé un résultat opérationnel de 6,73 M$. Sur la période, Earn affiche une perte de 1,06 M$, les « New Bets » de 0,91 M$ et les services partagés, c’est-à-dire les frais généraux des fondations, de 3,15 M$. Hors éléments exceptionnels, le résultat opérationnel du semestre reste donc positif, à 1,61 M$.
Néanmoins, l’attaque sur LayerZero / KelpDAO est venue renverser la situation. La DAO a engagé 6,06 M$ pour solutionner le problème, un coût que Lido a choisi de ranger dans les coûts de Lido Earn. En incluant ce coût supplémentaire, le semestre se solde par une perte de 4,45 M$.
Note : au-delà de ce coût direct, l’épisode LayerZero / KelpDAO a aussi pesé indirectement sur l’activité de Lido. Après l’attaque, une partie des utilisateurs a unwind ses positions de looping sur le stETH et le wstETH pour se replier sur des produits moins risqués. EarnETH a été particulièrement touché, sa TVL étant passée de 110 600 à 44 500 ETH après l’événement, avant de remonter à 77 900 ETH au 31 juillet.
Finalement, à l’exception de la part de la DAO dans les récompenses, le premier semestre a déçu sur tous les points : le prix de l’ETH, la part de marché de Lido et le nombre d’ETH stakés dans la pool principale comme dans les stVaults sont tous restés bien en dessous des prévisions.
| Hypothèse | Budget 2026 | Données au 30 juin 2026 |
|---|---|---|
| Prix de l'ETH | 2 712 $ | 1 569 $ |
| Part de marché de Lido | 27,3 % | 21,18 % |
| ETH stakés dans la pool principale | 10,1 M | 9,13 M |
| ETH dans les stVaults | 1,05 M | 5 768 |
| Part de la DAO dans les récompenses | 6,02 % | 6,15 % sur le S1 |
Face à ce constat, les 3 fondations ont été contraintes de revoir leurs dépenses sur l’année. Au premier semestre, elles ont dépensé 14,3 M$, soit moins de la moitié de ce qui était prévu pour couvrir toute l’année, à savoir 41 M$ (contre 43,8 M$ initialement prévus dans la proposition de décembre 2025). Ce faisant, elles ont ainsi consommé environ 70 % de l’enveloppe prévue pour la période, dont 29 % pour le segment de la croissance du protocole.
Sur l’année, Lido prévoit environ 3,3 M$ d’économies par rapport au budget révisé de 41 M$. En pratique, ces économies viennent de 3 leviers : moins de partenariats et d’intégrations sans retour clair, l’abandon de recrutements prévus, et le report au second semestre de certaines dépenses et conversions d’actifs, dans l’espoir d’obtenir un meilleur prix par rapport à l’état du marché. Ainsi, les dépenses cumulées des fondations atteindraient potentiellement environ 37,7 M$ en 2026.
Pour autant, ces économies ne suffisent pas pour véritablement équilibrer les comptes. Selon le rapport S1, avec un ETH moyen de 1 900 $ au second semestre, la DAO encaisserait environ 30,6 M$ de revenus nets sur l’année, soit un déficit d’environ 7 M$.
Selon le protocole, pour terminer 2026 sans perte, il faudrait un ETH à environ 2 850 $ en moyenne sur le second semestre. Pour équilibrer durablement ses comptes avec sa structure de coûts actuelle, Lido estime qu’il faudrait un ETH autour de 2 500 $, c’est-à-dire un prix que nous n’avons côtoyé que quelques semaines. Lors du Lido Poolside Tokenholder Update, Lido confirmait d’ailleurs un 3e trimestre négatif.
Enfin, la trésorerie de la DAO (hors LDO) a suivi le prix de l’ETH. Elle est passée de 157,5 M$ fin 2025 à 88,3 M$ au 30 juin, une baisse de 44 % due en grande partie à la chute de la valeur des actifs détenus en ETH et en stETH. Avec un ETH revenu à 2 441 $, elle atteignait environ 121,3 M$ le 25 août.
Aujourd’hui, 2 programmes de buyback coexistent autour de Lido : le programme d’accumulation stETH/LDO, voté en avril dernier, et NEST. Dans les faits, les LDO rachetés par le buyback ne sont pas brûlés, ils sont simplement dirigés vers la trésorerie de la DAO, qui peut les réutiliser plus tard.
Le premier mécanisme mis en place par Lido est un programme ponctuel, financé directement par la trésorerie de la DAO. Proposé le 27 mars par l’équipe opérationnelle de la Lido Ecosystem Foundation, le programme d’accumulation stETH/LDO part d’un constat simple : selon Lido, le prix du LDO était beaucoup trop bas par rapport à l’ETH, et ce de façon injustifiée.
Pour vous donner une idée, au moment de la proposition, le LDO s’échangeait autour de 0,00016 ETH, soit une décote de 63 % par rapport à sa médiane sur 2 ans (0,00043 ETH). Or, sur la même période, les récompenses nettes du protocole n’avaient reculé que d’environ 20 %, alors que le ratio LDO/ETH avait été divisé par 2. Mieux encore, la part de la DAO dans les récompenses de staking était passée de 5 % à 6,11 %. En somme, pour Lido, le marché sanctionnait le LDO bien plus que ne le justifiaient les performances du protocole.
Pour “rééquilibrer” le prix du LDO vers ce qui pourrait être considéré comme une juste valeur, la proposition vise à en racheter avec du stETH, plutôt qu’avec des stablecoins. Cela est assez logique : l’écart de valorisation se situe au niveau de la paire LDO/ETH, c’est pourquoi racheter du LDO avec du stETH revient à échanger un actif avec un prix “juste” contre un autre jugé sous-évalué.
En pratique, la DAO a voté la conversion de jusqu’à 10 000 stETH issus de la trésorerie en LDO, par batch de 1 000 stETH au maximum via des limit orders ou via du DCA dans la mesure où la liquidité du token est assez faible. L’idée étant, vous l’aurez compris, de ne pas provoquer de mouvement de prix trop soudain sur le token. Avant chaque batch, un prix plafond est publié sur le forum, et les détenteurs de LDO disposent de 3 jours pour bloquer l’opération.
Alors, qu’a donné ce programme jusqu’ici ? Selon le rapport S1, les 2 premiers lots ont permis d’échanger 1 591 stETH contre 10,03 M de LDO, pour un prix moyen d’environ 0,30 $, soit 2,99 M$ dépensés. Lido estime que ces achats ont retiré 10 M de LDO de l’offre en circulation, soit environ 1 % de l’offre totale.
Selon les données de DefiLlama, la trésorerie avait reçu au total 19,42 M de LDO au 19 octobre, pour environ 2 996 stETH, soit 30 % de l’enveloppe autorisée et environ 6,3 M$ aux prix de réception. Un 4e lot est d’ailleurs en cours d’exécution à l’heure où nous rédigeons ces lignes.
Rappelons que ce programme puise dans la trésorerie existante, et ne dépend donc pas des revenus générés sur la période. C’est précisément ce qui lui a permis de continuer à fonctionner alors même que la DAO était dans le rouge au premier semestre.
Lido a aussi mis en place “NEST”, un mécanisme de buyback automatique lancé en août 2026. Dans les faits, NEST est totalement dépendant des revenus issus du staking de Lido et est conçu pour être réalisé de manière automatique, à la différence du programme stETH/LDO.
Plus précisément, lorsque les revenus de staking de la DAO dépassent 40 M$ en rythme annuel, la moitié de l'excédent quotidien sert à racheter du LDO sur le marché, dans la limite de 50 000 $ par jour et de 10 M$ par an.
Concrètement, chaque jour, NEST compare les revenus de staking de la DAO à un seuil d'environ 109 000 $ (soit 40 M$ divisés par 365), puis ajoute la moitié de la différence à un solde cumulé. Tant que ce solde est positif, NEST rachète des LDO chaque jour, dans la limite des plafonds.
Le problème, c’est que le seuil de 40 M$ fixé n’a littéralement jamais été atteint sur une base annuelle, et que le déficit cumulé se creuse. Effectivement, cela va dans les 2 sens : les jours où les revenus sont inférieurs au seuil, la différence est négative et le solde diminue, jusqu'à passer sous zéro.
Ainsi, depuis son déploiement, NEST n’a pas racheté le moindre token. Et, à l’heure où nous écrivons, le déficit se mesure à 601 370 $ au 19 octobre, selon les données de DefiLlama.
Selon le rapport S1 de Lido, il faudrait un ETH autour de 2 730 $ pour que les revenus de staking atteignent le seuil, à part de marché et taux de staking constants. Et même au-delà de ce prix, l'excédent servirait d'abord à éponger le déficit avant le moindre achat. Lido le reconnaît d'ailleurs lui-même dans ce même rapport, en affirmant que les rachats ne sont « pas attendus de sitôt ».
Bref, en l’état, NEST est totalement improductif, c’est pourquoi il est fort probable que le mécanisme soit révisé dans le cadre du budget 2027. D’ailleurs, alors que la fin de l’année approche, certaines discussions ont déjà émergé sur le forum à ce sujet. Une proposition d’un délégué de la DAO vise justement à aligner le seuil du programme NEST sur le budget voté annuellement.
Concrètement, l’idée serait de réduire ce budget d'environ 30 % en 2027, soit à près de 30 M$ contre 43,8 M$ aujourd’hui. Chaque dollar non dépensé par les fondations deviendrait ainsi un dollar disponible pour les rachats. Selon les simulations présentées par le délégué, avec le budget actuel, NEST n’aurait que 36 % de chances de réaliser au moins un achat dans les 12 prochains mois, contre 89 % avec un seuil de 30 M$.
Le délégué demande aussi que les LDO rachetés par NEST ne servent pas à rémunérer les contributeurs, et que la DAO publie ses rapports trimestriels plus rapidement. À plus long terme, il envisage de brancher d'autres revenus sur NEST, puis de consacrer 75 % du bénéfice trimestriel aux rachats.
Du côté de Lido, un contributeur a accepté le 9 octobre le principe d’aligner le seuil sur le budget et d’inscrire ce lien directement dans la demande de budget 2027 soumise au vote. Il ne s’engage toutefois pas sur l’ampleur de la baisse, qui doit selon lui découler d’une planification détaillée.
En parallèle, certains membres demandent que les LDO rachetés soient brûlés plutôt que conservés en trésorerie, ce qui retirerait chaque année environ 1,7 % des LDO détenus hors trésorerie avec un budget réduit de 30 %. Un autre membre juge que 30 M$ de dépenses annuelles restent « simplement trop élevés » et propose de plafonner les dépenses en se basant sur le pourcentage des revenus.
Finalement, sur le fond, NEST est une bonne idée (nous l’avons toujours dit, le buyback est aujourd’hui devenu une garantie élémentaire d’alignement entre un protocole et ses utilisateurs), mais il doit être repensé.
Si l’on récapitule, les 3 derniers produits lancés par Lido peinent à séduire. Earn affiche un ARR d’environ 1,9 M$ contre un objectif de 8 M$, les stVaults ont atteint moins d’un quart d’un objectif pourtant déjà révisé à la baisse, et Wisp compte, selon les derniers chiffres publiés par Lido, une dizaine d’abonnés payants. Au premier semestre, Earn et les « New Bets », où est comptabilisé Wisp, ont coûté environ 2,2 M$ à la DAO, pour seulement 0,23 M$ de revenus nets (hors Kelp).
Bien sûr, il faut être objectif : les difficultés rencontrées par le marché crypto cette année et la méfiance envers la DeFi après l’attaque sur KelpDAO, qui a fait chuter la TVL d’Aave v3 de près de moitié en 12 jours, n’ont pas aidé. Mais pour autant, avec des chiffres aussi éloignés des objectifs fixés, il semble légitime de se demander si le lancement d’un 4e produit, aux frais de la DAO, est pertinent.
Nous assistons ici à un paradoxe, puisque GOOSE-3 devait permettre de développer de nouvelles verticales de revenus afin que le protocole soit plus résilient face au marché et dépende moins de l’Ether, qui a fait son succès à son âge d’or.
Or, à l’exception de Wisp et d’EarnUSD, tous ces produits génèrent des revenus liés à l’ETH, et sont donc alignés sur la même volatilité que ceux liés au staking. Lido diversifie donc ses produits, certes, mais pas vraiment son risque. Et le seul produit réellement décorrélé, Wisp, est aussi celui qui s’éloigne le plus de son activité historique, et d’ailleurs celui qui fonctionne le moins bien pour le moment.
Pourtant, Lido Lend est probablement le plus pertinent de toute cette gamme d’innovations pour le protocole. Encore une fois, l’incident KelpDAO / LayerZero nous a montré à quel point la contagion pouvait être importante lorsque des actifs coincés dans des boucles de levier étaient impactés, et Lido Lend vise précisément à répondre à cela. Et en rendant le stETH plus sûr à utiliser comme collatéral, Lido protège son cœur de métier tout en renforçant son business model historique.
Mais voilà, le souci, c’est que Lido Lend arrive au pire moment : la DAO a perdu 4,45 M$ au premier semestre, anticipe un déficit sur l’année à moins d’un ETH autour de 2 850 $ en moyenne au second semestre, et le programme NEST n’a toujours pas racheté un seul LDO. Or, les buybacks et les budgets des fondations puisent dans la même trésorerie, c’est pourquoi la marge de manoeuvre est devenue particulièrement étroite.
Sur le fond, Lido Lend n’est donc pas forcément l’initiative de trop. Mais après 3 produits qui ont manqué leurs objectifs, Lido se retrouve dans une position inconfortable et doit encore prouver que cette initiative sera la bonne. Les propositions GOOSE et EGG, attendues vers fin novembre, diront si Lido a tiré les leçons de 2026.
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